LES DIVINITES DU NORD BENIN

Contrairement à ce que bon nombre de gens croiraient, le Nord du Bénin regorge d’une impressionnante richesse culturelle et des divinités très puissantes. Elles ne sont néanmoins pas étalées aux grands spectacles médiatiques comme on l’observe au Sud. Nos recherches nous conduisent vers la Donga d’où le lecteur trouvera matière àréflxion.1- CHEZ LES YOMs de Djougou et de Copargo, le B’OOR est une divinité qui aide à la résolution et aux règlement socio-spirituels. Son chef de culte se prénomme B’OORTÊ.2- Chez les Dendis, le T’OORU est une divinité qui aide à la résolution immédiates des problèmes humains. Son chef de culte est le T’OORUPÊ. 3- A YARAKEU, la divinité principale est KIRIKI’IM, un petit point d’eau. Pour la tester vous êtes invité à soulever. 4- A TER’RU, 24 km de Djougou, lma visite en ce lieu n’est qu’un pèlerinage spirituel.5- A BUL’UM, un quartier de Djougou, la divinité annonce son arrivée par des billonnement du sol. 6- ALEDJO est une à visiter absolument surtout à partir du mois de Juin, période de la fête de la récolte de l’igname et des céréales. Cette fête s’appelle le ZOLARI. Le président des chefs de culte traditionnels du Nord Bénin était son éminence le Grand Chef de Culte BAMBLEMOU, professeur d’université à la retraite. Son palais est au quartier Guerma à Parakou.sources :Alfa Aboubakar Fousséni, Dignitaire, chef traditionnel de la famille royale Yonra de Djougou, quartier Bagoudou

SINJALOM-ATALAKO

Une divinité de bénédiction et de Protection.

Divinité des peuples Lokpa de Ouaké, Sinjalom a traversé par amour les frontières pour s’installer dans cette contrée du département de la Donga.

Ouaké était un chasseur guérisseur de son état de la région de Kara Kewee’l, aujourd’hui LAMAKARA capitale du Nord Togo. Il devait traversée la rivière pour ses campagnes de chasses.

Avant toute expédition, Ouaké devait confier son aventure et sa famille à cette divinité généreuse représentée sous forme de baobab située au cœur du village . Ses expéditions furent toujours fructueuses et sa vie enviée de tous.

Un jour, il connut une chasse sèche et retourna bredouille à sa cabane. Malheureux et inquiet il priait Sinjalo’m-Atalako pour une remédie de la situation, lorsque soudain il aperçut une petite tortue et la ramassa. Il prit soin de placer l’animal sous une marmite, puis retourna à la chasse. Ce retour trois jours plus tard, surprise! A la place de la tortue, était un jeune pousse de baobab.

De retour à KARA KEWEE’L, Ouaké s’enquérant auprès des devins consultants et voyants compris que Sinjalo’m Atalako s’était révélé être le jeune pousse qu’il vit de l’autre côté de la rivière en lieu et place de la tortue.

Depuis ce jour, Ouaké décida de s’installer dans la zone connue aujourd’hui comme Ouaké. La jeune pousse agrandit en un géant baobab au centre ville à quelques mètres de l’actuelle bâtiment abritant la préfecture.

Sous ce arbre, femmes, enfants, jeunes et vieux viennent se réunir et se reposer.

Toutefois, tout propos néfaste, tout complot sous et autour de l’arbre est proprement puni. La force spirituelle de Sinjalo’m-Atalako est prouvée par les témoignages reçus de non indigènes qui vers les lieux y ont faire un pèlerinage cultuel et Spirituel.

Les divinités du  Nord (Divinites du nord frensh)

http://www.clio.fr/voyages_culturels/Benin.asp

« Le Bénin offre une remarquable diversité de paysages et de cultures. Au nord, vivent des populations dites « paléonigritiques » qui ont conservé intactes une grande partie de leurs traditions. »

Indépendant depuis 1960, le Bénin, un des premiers pays démocratiques africains, est aussi une terre de culture et d’histoire. Berceau de brillantes civilisations, il a su conserver jusqu’à aujourd’hui ses coutumes, ses croyances et ses anciennes royautés. La population du Bénin d’aujourd’hui résulte de la fusion de trois peuples au cours de grandes migrations qui s’étalèrent sur plusieurs siècles : les Yorba, les Ashanti et les Alladahonou. Les régions qui constituent le Bénin furent réunies au XVIIe siècle en un royaume unique, le Danhomè et rapidement Cotonou devint un grand centre de traite où les Portugais, puis les Français venaient s’approvisionner en esclaves en échange de rassade et d’armes. La fin de la traite négrière marqua le déclin de la puissance royale, malgré un remarquable développement des cultures commerciales comme le tabac ou l’huile de palme ; le roi mit alors son État sous la protection de la France. Le Bénin offre une remarquable diversité de paysages et de cultures. Au nord, vivent des populations dites « paléonigritiques » qui ont conservé intactes une grande partie de leurs traditions. La plus spectaculaire consiste en la construction de maisons qui, pour des raisons défensives, ont l’aspect de forteresses : ce sont les fameux « châteaux » des populations Somba et Tamberma. Le sud de pays, où prolifèrent les villages lacustres, est le berceau du culte des vodoun, racine du vaudou caraïbe et sud-américain, une des religions les plus passionnantes et les plus complexes du continent, dans lequel le dieu créateur est appréhendé comme la somme de toutes les divinités...

 
 

'Nos religions traditionnelles véhiculaient des valeurs très fortes..."

http://www.planeteafrique.com/Niger
 

PAR M.Boubé Gado, historien, archéologue, directeur de l’Institut de Recherches en Sciences Humaines (IRSH), Université Abdou Moumouni Avec la collaboration de l'Institut PANOS
Afrique de l'Ouest

'Nos religions traditionnelles véhiculaient des valeurs très fortes..."

Question : Il existe aujourd’hui encore des pan-théons anciens dans certaines de nos régions. Parmi ceux-ci le panthéon zarma-songhay, celui de certaines zones haoussa… Que faut-il entendre par là ?

Réponse : Les religions traditionnelles qui ont laissé, de plus en plus, la place à l’islam , avaient effectivement des panthéons très riches et très struc-turés. On peut prendre le cas du panthéon songhay-zarma, que j’appellerai tout simplement songhay. Il y a d’autres panthéons que l’on trouve dans certaines zones haoussa ou gourmantché qui peuvent avoir des recoupements avec le panthéon songhay et il faut se rappeler ici que Taguimba qui était une incantatrice des bori de l’Aréwa avait dans son répertoire des morceaux sur l’ensemble des tôrou songhay notamment Harakoy, Kirey, Moussa, Haoussakoy et Dongo.

Pour revenir à la cosmogonie traditionnelle songhay, elle semble être la plus structurée des systèmes connus et c’est celle qui semble être restée la plus intacte parce que justement elle intègre parfaitement le domaine des mythes, de la religion et de l’histoire ou plus exactement de l’anthropologie historique dans le sens des migrations et des contacts anciens entre les peuples.

Dans d’autres traditions anciennes et ceci dans beaucoup de nos régions, dès que vous posez la question des origines aux gens, ils vous répondent ou bien qu’ils viennent de la Mecque du temps de la Révélation ou bien tout simplement que leurs ancêtres étaient des Arabes. Evidemment l’islamisation a fait que les seules valeurs qui tiennent sont celles liées à l’islam et au monde arabo-musulman , sans penser un seul instant que la plupart des valeurs morales et sociales existaient et parfois avec plus d’exigence dans beaucoup de sociétés africaines et nigériennes avant l’expansion musulmane au point que certains chercheurs émettent l’idée que certaines sociétés de l’espace ni-gérien étaient déjà musulmanes dans les faits et sans seulement le rite ou prêtes a recevoir le message divin au moment de la pénétration de l’islam.

Et l’on peut bien comprendre, le prosélytisme aidant, que dans l’approche culturelle on ait confondu l’islam et l’arabisation en tant que telle, si bien que le bon musulman ne peut venir que de la Mecque et que dans beaucoup de nos traditions historiques l’on fasse venir les gens de la Mecque, des environs de la Mecque ,ou l’on les fasse descendre de certains prophè-tes, l’on en fasse des compagnons du Prophète Muhammad lui-même.

Ce qu’il y a de particulier avec la cosmogonie songhay, c’est qu’elle semble se rattacher à des pério-des anciennes avec lesquelles elle semble avoir gardé des liens plus ou moins intacts, car les ancêtres des génies primordiaux que sont Hassa et Hini et qui don-nèrent naissance à Sountân et Mantân, disent venir de Misr et des localités de Fonte et de Houroumkouma. Cette mythologie religieuse affirme ses liens avec la vallée du Nil et probablement l’Egypte ancienne et ne semble pas faire référence à l’islam quant à ses origines.

Quand les ancêtres des tôrou arrivent dans l’espace nigérien , cela se passe dans la forêt de Garyel dans le Zarmaganda actuel où ils trouvent sur place les gandjibi, des génies noirs autochtones qui , après une période conflictuelle, sont acculés au fleuve et rejetés sur la rive droite du fleuve, donnant ainsi l’ac-cès à la vallée du même fleuve aux nouveaux arrivants. Et c’est sur le fleuve, qu’après bien des péripé-ties, les génies ancestraux vont lier alliance avec les hommes notamment les Do et les Sorko et les maîtres du pouvoir établi par la suite que furent les Zâ et les Sonni ou Sohantché.

La cosmogonie songhay est pleine d’enseignements car, outre cette référence à la vallée du Nil qui mériterait peut-être d’être approfondie, outre les peuples de génies noirs ou gandjibi trouvés au Zarmanganda et repoussés sur la rive droite du fleuve et dans l’énumération desquels on trouve des ethnonymes évocateurs comme Mossi ou Kouroumou ou Peul, outre l’alliance des tôrou avec les Sorko et les Do qui explique les origines du rituel, outre la spéciali-sation de certains nouveaux arrivants en génies blancs ou gandjikwarey plus ou moins nomades , remontant plus au nord et certains devenant musulmans, outre la prééminence sur le fleuve de l’ancêtre des tôrou Dandou Ourfama dont le culte semble avoir prévalu jusqu’à la chute des Sonni et l’avènement de l’Askia Mohammed quand Dandou Ourfama fut chassé de son autel par l’invocation de la sourate yâ’sin ( confert les traditions de Téra et les Tarikhs de Tombouctou), outre le nom évocateur du fils de Dandou Ourfama , appelé Zâ le Grand, ou Zâbéri et qui donna naissance au génie le plus important et le plus central des divinités songhay ancestrales que fut la mère génitrice et unificatrice des peuples des génies, nommée Harakoy Dicko , cette cosmogonie nous dresse une carte ethno-anthropologique de la vallée moyenne du fleuve Niger , on dirait comme par ajouts successifs des migrations et des contacts des divinités parées d’ethnonymes spatio-temporels évocateurs.

D’une dynastie des Zâ aux origines anciennes du petit Royaume de Koukiya dont le nom est évoqué par le nom du fils de Dandou Ourfama, Zâbéri, à une dynastie au comportement plus ou moins animiste, plus ou moins ibadite ou kharéjite comme celle des Sonni qui fut la fondatrice de l’Empire Songhay et à une dynastie qui affiche clairement et de façon ostentatoire son sunnisme malékite comme celle des Askia qui fit l’âge d’or de l’Empire Songhay, la fresque des divinités semble couvrir et animer l’histoire vivante des hommes.

Du point de vue spatio-temporel , si la première aventure des divinités semble avoir eu pour cadre l’espace qui va du Zarmaganda à la rive droite du fleuve avec l’évocation d’ethnonymes comme Songhay, Kouroumou et Mossi notamment, l’aventure de Dandou Ourfama ,elle, semble se situer plus tard et plus en amont où, parmi sa nombreuse progéniture , son fils Zâbéri fut la personnalité la plus forte car non seulement Zâbéri donne son nom à une dynastie des hommes mais il établit dans le ciel la primauté de sa descendance car lui, sa fille Harakoy Dicko dont la mère Al’hawa est Peule et les cinq enfants de Harakoy Dicko que sont Kirey dont le père Alkaydou Garamaki est Songhay ou Kouroumou, Mahama Sourgou dont le père Hamal Alkaydou est Touareg, Moussa Gnaouri dont le père Yamba est Gourmantché, Manda Haoussakoy dont le père est Haoussa et Farambarou Kwada dont le père Mossoro est Touareg , enfin le fils adoptif Dongo dont le père Fombo est Bariba, constitueront les sept divinités primordiales ou tôrou du panthéon songhay dont les faits d’éclat et les tribulations avec les génies du fleuve de Zînkibarou, les génies des morts de Zirbin Sangaymoyo et l’alliance avec les Dô et les Sorko de Farammaka Boté semblent se dérouler entre le Dargol et la Mékrou, même s’il pourrait s’agir d’un transfert de traditions dans l’espace comme dans le temps.

Les géniteurs des tôrou font appel à huit (8) ethnonymes qui sont Songhay, Kouroumou ou Koroumba, Fulan ou Peul, Sourgou ou Touareg, Haoussa, Gourmantché, Bariba, Bella , qui, s’ils sont ajoutés aux ethnonymes Mossi des gandjibi et Sorko et Dô des hommes de l’alliance originelle, forment les noms de onze (11 ) groupes ou sous-groupes de divini-tés ou d’hommes bien spécifiés, sans compter les divinités sans ethnonymes que sont les Génies des Morts, les Génies du Fleuve et les Génies froids ou Harguey.

La composition pluriethnique des divinités du pan-théon songhay est très importante et nous éclaire d’un jour nouveau. Voilà que des divinités se conçoivent pluriethniques ou supra-ethniques face à un groupe ethnique comme pour rappeler à ce groupe sa pluriethnicité. Car si les divinités elles-mêmes sont de composition pluriethnique , qu’en est-il alors des hommes qui prient pour ces divinités-là ?

La leçon de cette ogdoade ( en y incluant Dadou Ourfama, « toorey kulu baba », ou « Père de tous les tôrou » ) , se situe à plusieurs niveaux : 1°/ la pluri-ethnicité est de mise même chez les divinités, ce qui leur donne une certaine universalité locale et régionale supra-ethnique, à plus forte raison chez les hommes ,

2°/ cette pluri-ethnicité des divinités s’appuie sur les ethnonymes locaux du même espace, elle ne passe pas par quatre chemins,

3°/ cette pluri-ethnicité des divinités semble pro-céder par ajouts spatio-temporels qui sont comme des marqueurs dans le temps et des jalons d’unification de nouveaux groupes à des groupes anciens avec une tolérance et un accueil bienveillant à chaque fois,

4°/ le leitmotiv ou le mot d’ordre des divinités semble être l’union et l’intégration où chacun a sa place, son occupation et sa complémentarité avec les autres.

N’est-ce pas une belle leçon de l’Etat de droit et de démocratie participative que donne là le Panthéon songhay dans un monde et dans une Afrique où la recherche de l’identité se conjugue avec l’irrédentisme le plus radical, où le peuple a bon dos face aux rapaci-tés individuelles, où l’ethnocentrisme ou le régiona-lisme devient l’arme favorite de tant de gens que l’on peut prendre comme des bien-pensants, où même la parole de Dieu est usurpée par des hommes qui tuent au hasard tant d’innocents pour exprimer leur hargne contre les puissants et les nantis !


Il y a eu dans l’espace nigérien d’autres cosmogonies et d’autres systèmes religieux anciens mais il me semble que le panthéon songhay est celui qui offre le plus de lisibilité et qui constitue un exemple de socialisation des peuples depuis les origines mythiques et religieuses jusqu’à des évènements récents comme l’occupation coloniale. Si l’irruption des génies Haouka dans le panthéon songhay avec toute sa hiérarchie militaire et administrative coloniales est une remise à jour du mythe et de la religion ou un ajout d’un pan de mythe, somme toute, récent par rapport au support ancien, son comportement spatio-temporel nous donne ou nous montre la chaîne opératoire d’un processus d’intégration qui n’a rien à voir à prime abord avec l’éthnisation car la région de Chikal où Chibbo et ses compagnons ont été « les premiers chevaux des Haouka » se trouve à l’intérieur d’un autre système de comportement intégrateur similaire mais bien spéci-fié, avec des « dogouwa noires, des dogouwa peules , des dogouwa blanches, des mallam el-haji etc… », même si l’on trouve dans l’Aréwa et le Kourfey des «chevaux» de certains tôrou. C’est donc un espace culturel plus vaste qui est pris en compte ici comme dans beaucoup de formations socio-politiques anciennes où le caractère supra-ethnique est un facteur important ou même primordial dans la conception ancienne d’un grand Etat.

C’est quand même fantastique ! De temps en temps quand un Songhay me taquine trop, je lui dis « Ecoute, toi tu n’existe pas si les autres ethnies n’existent pas. Tu es tout le monde . Mêmes les divinités anciennes se disent la composante de plus de onze (11) groupes portant des ethnonymes. Alors , toi en tant qu’être humain et en temps qu’individu, dont les origines sont liées à près de quatorze groupes ethniques, comment peux-tu faire la différence entre toi et les autres ?C’est impossible !Tu as donc intérêt à bien te comporter moralement et socialement ! »

Les religions traditionnelles, par delà les rites qui ont fait peut-être leur temps, véhiculaient effectivement des valeurs morales et sociales très fortes, au point, j’en suis convaincu, que si les générations du passé pouvaient faire un tour dans le présent, elles seraient consternées à leurs yeux par notre immora-lité, notre inconséquence et notre égoïsme, même si nous pensons, pour nous donner bonne conscience, être meilleurs et que logiquement notre conscience nous gronde que nous devrions l’être.

Dans le passé, la plupart des panthéons semblent être des condensés de géographie humaine, de formation et de socialisation des groupes au niveau des divinités comme au niveau des hommes. Ils détermi-nent les rapports entre groupes humains en les mettant face à leurs responsabilités. Par exemple dans la cosmogonie et la religion songhay traditionnelles, si vous dites que vous êtes Haoussa, du fait même qu’il y ait une divinité Tôrou, Manda Haousakoy , vous êtes intégré rapidement à la communauté, car vous n’êtes pas un étranger dans l’inconscient collectif. De même si vous êtes Gourmantché, Bargou ou Bariba, Touareg, Peul, Koroumba, le problème ne se posait même pas. Mais aujourd’hui, on a abandonné ces religions et leurs rituels, ce qui est tout à fait normal avec le changement de religion, mais aussi hélas ! trois fois hélas, on a jeté aussi en même temps toutes les valeurs morales et sociales qui les sous-tendaient, même si le plus souvent et presque toutes, on les retrouve dans l’Islam sincèrement pratiqué.

Il est vrai que l’on a accusé aujourd’hui un retard économique mais plus grave encore est le relâche-ment de nos valeurs morales et sociales que nous attribuons allègrement à notre appauvrissement géné-ral sans voir que nous ne suivons nullement les valeurs pourtant claires de la religion musulmane qui ne sont que le prolongement des valeurs humaines anciennes, tant il est vrai que Allah est si patient, alors que Dongo et Dogouwa qui étaient des produits des cultures ancestrales anciennes, étaient des divinités coercitives dont l’effet est immédiat, nous sommes-nous sincèrement convertis ou avons-nous eu peur simplement de nos ancêtres ?

Car, encore une fois, il ne s’agit nullement de remettre à l’honneur les cultes traditionnels anciens mais d’en capitaliser des valeurs qui nous font aujourd’hui cruellement défaut comme le respect de la parole donnée, le respect de son prochain, la reconnaissance de sa dignité et de son honneur etc…, bref toutes ces valeurs élémentaires qui sont le gage d’une société de tolérance, de paix et de progrès. Finalement je pense q’une partie de nos problèmes socio-politiques et culturels actuels sont dus au fait que nous accordons aujourd’hui si peu d’importance à nos cultures et à l’histoire de nos sociétés pour en extraire les valeurs positives qu’elles véhiculaient. Et peut-être que Dieu nous pardonnera-t-il notre attachement physique au message divin et nôtre imperméabilité aux valeurs morales et sociales que l’Islam sous-tend, car la révélation divine a pour but essentiel d’améliorer l’homme.

Dans les traditions ancestrales il y a un arrière fond culturel que nous avons perdu. Toutes les ethnies et les groupes sociaux se trouvant représentées au niveau des panthéons, tout problème ethnique est, à l’avance, résolu car tout le monde est égal à tout le monde et si l’on n’a pas le même père, on a en principe la même mère Harakoy Dicko ou Inna. Or dans toutes nos langues quand on dit « Dan-Ouwa » ou « Gnaïzé » c’est la parenté par excellence par rapport à « Dan-Ouba » ou « Babiizé » qui sont des concurrents potentiels. C’est pourquoi dans la cosmogonie Songhay nous sommes tous des « Yan-Ouwa » ou des « Gnaîzés », enfants de Harakoy Dicko.

On devrait faire la collecte et la transcription de toutes ces leçons de notre passé ancien afin d’en tirer la substance positive sur le plan moral, social, politique et culturel, au lieu de considérer dans la pratique nous n’avons pas eu dans le passé de valeurs intrinsè-ques. Ce serait à mon avis très intéressant pour le Niger d’aujourd’hui. Nos religions traditionnelles avaient donc non seulement des valeurs très fortes mais elles avaient placé aussi des garde-fous aux dérapages sociaux, parce que ses garde-fous se situaient au niveau des divinités.

Aujourd’hui malheureusement nous avons une fra-gilité culturelle très prononcée qui fait que l’on jette cavalièrement tout ce qu’on a dès qu’il y a du nouveau : on jette l’eau du bain en même temps que le bébé et nous voulons dans tous les domaines des générations spontanées, sans histoire et sans inconscient collectif.

Est-ce qu’à l’époque ancienne un ressortissant d ‘un autre groupe ethnique osait insulter un Haoussa alors que le soir il allait au « Holley hori » prier Manda Haoussakoy de lui faire ceci ou cela ? De même pour le Bariba ou Bargou pour le Gourmantché, pour le Peul, le Touareg et évidemment le Songhay.

Q : On parle aussi d’une structuration sociale au sein de ce panthéon. De quoi s’agit-il ?

R : Voilà une question qui vient approfondir l’essai d’analyse que nous avons tenté de faire quant aux valeurs véhiculées par les systèmes des panthéons traditionnels. En effet considérons les cinq (5) enfants de Harakoy Dicko. Kirey, l’aîné, dont le père est Songhay, est celui qui possède le savoir, c’est le savant du groupe, c’est le grand frère et dans nos traditions , c’est le grand frère qui devient le chef de famille après la mort du père. Le deuxième fils, c’est Mahama Sourgou, le Touareg, est un pasteur, un nomade.

Moussa Gnaouri, c’est le Gourmantché, le chasseur et le combattant émérite : lorsque sa mère fut rejetée du fleuve par les Zîn du fleuve, c’est lui qui est venu battre ces derniers et rétablir la primauté de Harakoy Dicko sur le fleuve, si bien que sa mère, émue et reconnaissante, lui dédia une chanson de geste pour sa bravoure. Moussa Gnaouri est donc un chasseur avec tout ce que cela suppose de puissance et de pouvoirs profanes et magiques.

Manda Haoussakoy, lui , c’est le mangeur de fer, le zamkiriya , le forgeron métallurgiste, qui a, non seulement le secret de la technique de la réduction du fer , mais aussi celui de fabrication des armes adéqua-tes qui conviennent à ses frères. Encore aujourd’hui les descendants des métallurgistes zamkiriya, même s’ils ne sont pas aimés, sont de toute façon toujours craints dans la société des hommes.


Dongo, le fils coopté, est lui un Bargou très fort et très craint : c’est le pourfendeur et le justicier. Dans la société des hommes , nous savons qu’aucun roi, qu’aucun empereur songhay n’a pu investir le Borgou.Quant à Farambarou Kwada, elle ou lui, on ne saurait dire si c’est une fille ou un garçon et son côté trouble la rattache à sa mère dont c’est l’enfant cadet chéri.

Il y a donc effectivement une certaine catégori-sation socio-professionnelle parmi les tôrou, enfants de Harakoy Dicko. Mais encore une fois, cela se passe au niveau du panthéon où tous les tôrou sont des parents par excellence, c’est à dire des « gnaïzés ». Il n’y a pas de système de castes parmi les tôrou et dans le zammou des tôrou récité pendant la cérémonie du yenendi, chaque tôrou a droit à ses louanges spéci-fiques dans la généalogie générale des tôrou depuis Misr, Fonte et Houroumkouma, depuis Hassa et Hini , depuis Sountân et Mantân, depuis Dandou Ourfama, « tôrey kulu baba », jusqu’à Zâbéri et Harakoy Dicko dont la descendance complète le groupe des tôrou. Et tous les tôrou doivent être présents pour que le yenendi se déroule bien.

Là le panthéon donne, encore une fois, la leçon à la société des hommes.

Si nous prenons un autre exemple avec le pan-théon des Anna de la région de Maradi nous avons là aussi une composante de divinités avec des occupations précises où Ouwal’Gona et Magajial Jangaré sont deux déesses sœurs qui épousent respectivement Sofo et Gayya Rako et donnent naissance à Matal Machi, Massassaou, Macharouwa, Nana Aïcha, Kouré , Dogouwa Baka et Dogouwa Fara d’un côté, Dan Galadima, Sarkin Rafi, Sarkin Makada, Aouta et Badossa de l’autre côté. C’est donc un imbroglio pluri-ethnique même si les ethnonymes ne sont pas spéci-fiés et surtout un imbroglio de catégories socio-professionnelles où le prince et son griot sont frères, ou Kouré le métallurgiste et le boucher Haoussa est frère des Dogouwa Baka et Dogouwa Fara Peules.

Tous ces panthéons, par delà les rites et les rituels qui peuvent paraître désuets et surannés, sont porteurs de messages forts à la modernité d’aujourd’hui, à la reconnaissance de la personne et de la dignité humaine, à l’Etat de droit et à la démocratie participative d’aujourd’hui. Toutes ces valeurs fortes que nous croyons découvrir aujourd’hui avec un engouement fébrile et dans lesquelles la fraternité, l’égalité et la complémentarité socio-professionnelle transcendent le clivage ethnique, local et même régional et toute tentative d’instauration d’échelle de valeur socio-professionnelle, sont présentes, et avec quelle insistance, dans notre substratum culturel ancien. Peut-être que nos systèmes socio-politiques anciens n’ont pas toujours eu aussi la stabilité nécessaire pour concrétiser au niveau de la société des hommes , la leçon de sagesse politique des panthéons anciens.

Q : Quel avenir pour ces panthéons dans le Niger d’aujourd’hui ?

R : La question primordiale n’est pas tant la sauvegarde de religions, de cultes, rites et rituels anciens, désuets ou surannés, mais la collecte, la recherche, la diffusion appropriée à travers des thèmes littéraires, philosophiques et artistiques et la capitalisation des messages véhiculés par nos cultures anciennes et qui contiennent, nous l’avons vu, des trésors de sagesse et de méditations, qui nous permettront d’appréhender, sans complexe, et de puiser en nous-mêmes , les ressources psychologiques et culturelles nécessaires à la résolution de nos problèmes d’aujourd’hui et de nos problèmes de demain. Mais ne nous voilons pas la face : beaucoup d’aspects des cultes traditionnels anciens demeurent encore vivaces car la culture que le peuple a sécrétée et qui a fini par se situer au niveau de l’inconscient collectif, ne vole pas en éclats ici et maintenant.

Interview réalisée par

Gorel Harouna

La Commune de Natitingou et son histoire. (divnites du nord)

 http://www.natitingou.org/commune/

 

Ville des Montagnes et des Tatas

La Commune de Natitingou et son histoire.

Natitingou tient son nom du mot « Nanto » qui signifie « l’homme qui écrase » en langue locale Waama.

Au fait la chaîne de montagne qui entoure la région des côtés Est et Ouest, était habité par les esprits que certains qualifiaient de fétiches. Ces esprits, pendant la soirée, émettaient des bruits semblables à ceux que produisent les meules sur lesquelles les femmes écrasaient des céréales pour des repas. Il était d’ailleurs interdit à toute femme d’écraser les céréales dans la soirée, ce pour ne pas confondre les deux sons. À cause de ce phénomène, la région prit ainsi le nom de Nantibatingou, en Waama ce qui signifie « le pays de ceux qui écrasent ».

Ce nom deviendra plus tard Natitingou grâce à l’appellation des missionnaires blancs. Ce fait date des années 1830.

Mais celui qui développa plus tard Natitingou a ses origines de Kouyingou (actuel région de Yétapo, Konandata, Perma et Yimporima). En effet, un Datawo de Kouyingou se rend à Kounassayingou au Sud de Péporiyakou (actuel quatrième arrondissement). Son hôte un Dassawo, roi de la localité lui donna une femme en mariage car il était un travailleur de la terre. De leur union va naître un fils qui sera appelé « Nanto » pour signifier que son papa du nom de N’Tcha auparavant célibataire, écrasait lui même ses céréales. C’est ce fils qui a développé Natitingou. N’Tcha et son fils Nanto reposent alors à Kouyingou.

Situation géographique de la Commune

La Commune de Natitingou appartient au département de l’Atacora dans le Nord-Ouest du Bénin. Elle s’allonge dans une sorte de vallée formée par les deux bourrelets de montagne qui l’entourent. Le point culminant de cette montagne envoisine 500 m dans la Commune. Natitingou est situé à 645 km de la capitale économique Cotonou et à 100 km de Porga à l’entrée du Parc Nationale Zoologique de la Pendjari. Avec une superficie de 1.339 km², la Commune est limité au nord par la Commune de Toucountouna, au Sud et l’Est par la Commune de Kouandé, à l’Ouest par la Commune de Boukombé.

Les divinités du  Nord

« Le Bénin offre une remarquable diversité de paysages et de cultures. Au nord, vivent des populations dites « paléonigritiques » qui ont conservé intactes une grande partie de leurs traditions. »

Indépendant depuis 1960, le Bénin, un des premiers pays démocratiques africains, est aussi une terre de culture et d’histoire. Berceau de brillantes civilisations, il a su conserver jusqu’à aujourd’hui ses coutumes, ses croyances et ses anciennes royautés. La population du Bénin d’aujourd’hui résulte de la fusion de trois peuples au cours de grandes migrations qui s’étalèrent sur plusieurs siècles : les Yorba, les Ashanti et les Alladahonou. Les régions qui constituent le Bénin furent réunies au XVIIe siècle en un royaume unique, le Danhomè et rapidement Cotonou devint un grand centre de traite où les Portugais, puis les Français venaient s’approvisionner en esclaves en échange de rassade et d’armes. La fin de la traite négrière marqua le déclin de la puissance royale, malgré un remarquable développement des cultures commerciales comme le tabac ou l’huile de palme ; le roi mit alors son État sous la protection de la France. Le Bénin offre une remarquable diversité de paysages et de cultures. Au nord, vivent des populations dites « paléonigritiques » qui ont conservé intactes une grande partie de leurs traditions. La plus spectaculaire consiste en la construction de maisons qui, pour des raisons défensives, ont l’aspect de forteresses : ce sont les fameux « châteaux » des populations Somba et Tamberma. Le sud de pays, où prolifèrent les villages lacustres, est le berceau du culte des vodoun, racine du vaudou caraïbe et sud-américain, une des religions les plus passionnantes et les plus complexes du continent, dans lequel le dieu créateur est appréhendé comme la somme de toutes les divinités...
Le Niger, fleuve des fleuves
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 http://www.maliexpeditions.com/info_mali_site2.htm


Le Niger est un monde en lui-même qui fournit au Mali un lien de connexion entre la savane et le désert et un moyen de communication précieux. Cet étrange royaume liquide possède ses divinités telles celles des pêcheurs bozo qui sont toujours très attachés aux rites animistes. Les Bozo doivent leurs moyens de subsistance au fleuve et les Somono sont les spécialistes dans la manoeuvre des pirogues.. Aujourd'hui, tous les habitants du Mali dépendent dans une certaine mesure du Fleuve Roi qui a son propre territoire et ses provinces, le vaste delta intérieur.

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