MUSIC - INTRODUCTION

    SATIRE et PHILOSOPHIE: le monde du fou  par feu Augustin Koumagnon

Dans notre environnement la démence est une chose tragique; une honte pour la famille. Néanmoins, la folie a son monde et son univers. Ceux qui en souffrent nous livrent souvent des message codés

souvent satiriques mais hautement philosophiques. Du temps de nos rois, le fou ou la folle était librement admis au palais royal: il y recevait un soin respectable. Imaginez la suite: le roi avait toujours la primeur des faits insolites que ne pouvait lui dévoiler son entourage à temps. Nous démarrons la série des satires philosophiques que nous souhaitons vous plaira

1-     Le fou se retourne et voit sa silhouette le suivre. Indigné, il l’interpella: « Si c’est pour m’espionner que tu es crée, tu finiras un jour par refluer »

2-     Le fou voit un cochon gras et charnu le regarder un jour de marché. Il lui dit : « calmes-toi, mon ami, à la tombée de la nuit, à deux, les comptes seront réglés »

3-     Le fou retourne le soir et remarque que les galettes qu’il a offertes au Lègba du quartier depuis le matin n’ont pas été consommées. Il lui dit: «  Mais pourquoi ne pouvais-tu me dire que tu n’en voulais pas ? »

4-     Le fou constate deux personnes en discussion depuis plusieurs heures sur un carrefour. Il interpelle l’un  deux et dit: « mon cher ami, toute vérité n’est dite qu’à travers les deux premières phrases; le reste n’est que futilité, mensonge et verbiage »

5-     Debout depuis des heures devant un restaurant, le fou demande à la servante, la permission de rentrer chez lui, dormir. « Vas-y », rétorque la vendeuse de nourriture. « Ta couchette n’est pas avec moi ». Le fou calmement lui répond: « ma chère dame, demandes-moi au moins si mon ventre creux peut dormir ou non »

6-     Arrivé dans un village où tous les habitants souffrent de l’oreillon, le fou se lament: « Ah! ma foi! chaque contrée avec sa population joufflue »

7-     Le fou dit à une nourrice au bébé maigrelet de lui confier la garde de l’enfant afin qu’il le traite à la tisane

8-     On demande au fou si les cérémonies de tam-tams ont pris fin sur la place du village. Bagages sur la tête, il répond: « je les ai aperçu dans leurs folles allées et retours au couvent ».

9-     ors du partage de l’héritage familial, le fou, fils aîné de la famille s’empare d’une seule porte et se retire. Brusquement il revient sur ses pas et s’adresse à ses frères: « Souvenez-vous qu’il vaudrait mieux pour vous avoir une porte à l’entrée de votre vie avant tout autre intérêt matériel »

10-Après le décès de son père polygame, le fou observe les autres  frères consanguins se réunir régulièrement. Aîné de ses frères utérins, il ne constate pas cette initiative de son côté. Il les invite, s’enferme avec eux dans leur chambre maternelle, les observe un instant; ouvre la porte, puis leur dit: « Ne soyez pas naïfs. Faites comme les autres ».

11-Le fou aperçoit l’emprunte de la panthère, s’agenouille et se prosterne en signe de respect. Il dit à l’entourage étonné: « le respect n’est pas que physique »

12--On demande au fou si le camion transportant du poisson est arrivé. « En quoi suis-je concerné » répond-il «que le camion de poisson vienne ou parte, moi je suis tranquille où je suis »

13-On demande au fou d’attendre un instant pour son repas. Il dit: «que le temps  attende; servez moi à manger c’est tout »

14-Le fou, accompagné de son chien mâle est interpellé par un passant. «Pourquoi ton chien n’a-t-il pas de chiots ? ». «Mais pourquoi ton père n’a-t-il jamais accouché » ricana le fou.

15-Passant aux alentours d’un lieu de réception, le fou, invité dans un coin est copieusement servit. Confortablement assis devant le trop plein, il se dit : « manges toi aussi mon esprit, compagnon d’infortune, sait-on jamais quand ces humains penseront encore à des personnalités comme nous ».

16-Afin de dénoncer un complot contre le roi, le fou écrit dans un coin de son salon de coiffure l’inscription suivante: « que veux-tu en faire ? » Le coiffeur complice, coiffant le roi, il coupe une portion de sa chevelure et la cache  dans son manteau. Instinctivement, le roi lit l’inscription devant lui sur le mur. Panic ! Le coiffeur effrayé, dévoile tout le complot. Le secret dehors, les complices sont exécutés.

17-Alors que l’adepte est chevauché par l’esprit, il cogne sa tête violemment contre un spectateur, le soulève et le tourne tel un cyclone. Le fou ému s’exclame: «grand maître diable! tu es à l’oeuvre »

18-Au cours d’une opération de salubrité, on sollicite la participation du fou. Il répond que sa santé lui interdit une telle besogne.

19-Alors qu’un estropié, court de taille va son chemin, le fou l’observe longuement et lui dit: « court ou élancé! lequel es-tu que je sache ? ».

20-Le fou, adepte de la divinité Dan « Serpent mystique » voit passer un gros serpent. Il dit: «  voyez moi ce que les humains veulent que j’adore »

21-Un jour de marché, le fou voit la place fourmillante de monde. S’agenouillant, les bras levés vers le ciel, il s’écrie : « Oh! toi ‘Mort! tu as encore du pain sur la planche »

22-Le fou a si faim qu’il se met  à braiser une pierre. Il pousse un long soupir et dit: «Il vaudrait mieux vivre d’espérance que de faim ».

23-Alors qu’il est en train de braiser un tubercule d’igname, le fou, impatient, enfonce un doigt dans la braise. Il retire son doigt violemment du feu, crie de douleur et dit : « Oh igname! je te félicite pour  ton endurance ».

24- Cheminant ensemble, deux fous  voient une voiture venir de loin. L’un deux brusquement s’allonge sur la voie. Le second lui dit : « mon ami, lèves-toi de là; ta guérison n’est pas ici »

25-Le fou est invité à partager l’héritage paternel. Il rétorque «écoutez! j’en suis le moins concerné »

26-On informe le fou qu’il a été dérobé. Il répond: « tant que les tas d’ordures existent, je ne suis point inquiété ».

27-Le fou est informé du décès de sa mère. Il rétorque : «c’est là rien de grave! moi je vis encore ».

28-Le fou jette une grosse pierre dans la foule au cours d’une réunion au palais royal et dit : « Pas seulement le bien vous rende visite au palais, que le mal aussi soit au rendez-vous ».

29-Au cours d’une promenade, le fou arrive au bord d’une embouchure. Il recule et dit : « phénoménal ! ici vit la crainte de Dieu ».

30-On attache un talisman au bout de la houe du fou pour le convaincre à sarcler. Il ricane et dit: «véritablement, ceci  ressemble à du vrai »

31-Le fou voit un bandit de grand chemin travailler dans son champ. Il s’approche de lui et dit : «mon frère! ce travail ci vaut mieux que l’autre »

32-Le fou surprend le roi en train de faire l’amour à une folle dans la forêt sacrée. Le roi le prie de n’en parler à personne. Mais à chaque rencontre publique le fou se prend le malin plaisir de narguer le roi en venant s’asseoir à la place du premier ministre. Interpellé il dit à la foule qu’il détient le plus grand secret du roi. Excédé le roi lui ordonne de dévoiler le secret. « Non! majesté » dit le fou. « le secret entre nous deux  me permet d’occuper désormais une place de choix dans ce palais »

33-Le fou est informé de la sortie du zangbéto (le masque de la nuit). Il réplique «écoutez ! zangéto et moi sommes tous adeptes des secrets de la nuit ».

34-« Aujourd’hui, nous ferons la part des choses » dit le fou au Lègba du village. «tu  appartiens à trois communautés ; mais tu te donnes le luxe de faire face à une seule ». Ceci dit, d’un coup de main violent, il lui arrache la tête, oriente son regard en direction d’une autre communauté. «désormais, apprends à tourner le regard vers les autres aussi »  

35-Quittant le chaud soleil, le fou se met à l’abri d’un grand arbre, N’étant pas satisfait il monte sur l’arbre. Toujours insatisfait, l’envie de sauter en bas le prend. Brusquement, il se ressaisit et hurle : « Grand maître Diable m’envoies en mission »

36-Au cours d’une danse populaire, danseurs et spectateurs son tous en liesse, les percussionnistes en extase. L’ambiance était à son apogée. Le fou les observe et se dit : « j’ai pitié de l’énergie qu’ils déploient ces gens-là.  A cette allure, ils vont s’esquinter, ruiner la santé les pauvres instrumentistes et finiront par accuser le diable et les sorciers. Les hommes sont ennemis d’eux-mêmes ».

37-Déhindé, le fou est un habitué du marché du village. Devant chaque étalage, il s’arrête, se met en position de prier; puis quelques instants après, prend de l’étalage ce qu’il veut et s’en va. Un jour, une vendeuse, agacée de son comportement lui assène deux pairs de gifle. «Esprit saint, mânes de nos ancêtres! fini aujourd’hui la mission que vous  m’avez commandée auprès des femmes de ce marché. Je n’intercéderai plus jamais pour elles ».hurla t-il en fuyant

38-Alors qu’une importante réunion a lieu au palais royal du royaume La Paix, le fou jette au milieu de la foule, une grosse pierre. La foule se disperse. Le fou est arrêté et conduit devant le roi.  Prenant la parole il dit : « majesté et peuple de mon grand royaume, comprenez par mon geste que seule la paix ne peut contribuer à gérer le monde. Dieu et le Diable  vont de pair ». Il fut aussitôt relaxé.

39-Alors que tout le monde est réunit devant la cour  royale, le fou entre et se met à maudire le père de tout un chacun. Le roi l’interpelle et il répond: « Je m’adresse majesté au père de celui qui crée des troubles dans ce royaume; que celui qui se sent morveux, se mouche »

40-L’enfant que la folle porte au dos, l’agace constamment d’eau à boire. Exaspérée, elle le jette  dans un puits et dit : «bois maintenant à ta soif »

41-Le fou et son frère vont chasser  les  rats dans la brousse. Alors que le frère se peine à creuser le trou d’un côté, de l’autre le fou laisse fuir les rats. Finalement il dit : « mon frère, que les rats aillent leur chemin et les hommes le leur ».

42-Le fou donne des galettes à manger au fétiche Lègba le matin. De retour le soir, les galettes ont disparues. Il dit au Lègba: «  toi, tu es sur place et tout le monde vient te nourrir. Je t’envie. Tu dois avoir de la chance dans ta vie ».

43-Le fou observe Egun (esprit des morts de retour parmi les humains) et son conducteur veulent traverser les rails. Mais un train arrive à vive allure. Le conducteur s’empresse de traverser. De l’autre côté, il fait signe à Egun de traverser. « La mort vient » dit Egun. Le fou ricane et dit « Egun a lui aussi peur de la mort » (à suivre)

       Gbégnon:le chantre de la musique traditionnelle béninoise

L’auteur chante les peines, les douleurs et les  vicissitudes de la vie. Il nous emporte dans le fantasme de ses vécus. Avec une franchise émouvante il nous fait partager l’étincelle qui devra jaillir dans nos consciences après une lecture religieuse de ses proses. GBégnon, c’est le rime et le rythme. C’est un chantre qui ne doit point être ignoré.

1- DRAP NEUF DU BÉNIN

Le drap neuf Bénin

Est à la traîne. Il est dans le pétrin

Vous politiciens ! Portez-en le fardeau.

Le drap neuf du Bénin

Est à la traîne, vous politiciens !

Vous en portez la responsabilité

Le drap neuf du Bénin

Vous le traînez dans la gadoue

Politiciens Béninois ! ce pays est dans vos mains

Vous rappelez-vous des résolutions

De la Conférence Nationale ? Ayez honte !

N’étouffez pas la flamme de la Démocratie.

Les résolutions et promesses à la Conférence Nationale!

 Vous en rappelez-vous ?

Politiciens Béninois ! Ayez du remords

Le poète chante, sonne le glas; qu’il soit compris.

Ecoutez ce message avant mon départ.

Si le pillard est éhonté, sa famille ne l’est point

Que le gangster se rappelle de sa racine

Aucun Béninois n’est malotru

Nous sommes distingués et éveillés

Alors que la nation était hypnotisée, nous avions

Usé de notre génie créateur pour l’en sortir.

Alors que la nation était clochardisée

Clairvoyants nous l’avons relevé.

 2- C’est un choix divin pour une termite de se voir la reine des termites.

C’est un choix divin que d’être un élu du peuple.

A la Conférence Nationale, mêmes les hôtes des cieux y étaient.

A la conférence Nationale, tous les anges y avaient participé.

La Conférence Nationale fut un rendez-vous de vérité et de réconciliation.

A la fin de la Conférence, les lois fondamentales furent élaborées, une constitution adoptée. Nul ne sera plus de trop ; nul ne verra plus un métèque ; nul ne sera plus la proie.

Rappelez-vous du grand roi Nébudnékazer dans la Sainte Bible. Aveuglé par la gloire et de la puissance divine, Nébudnékazer devint odieux à la face de ses sujets. Il fut châtié par le Père tout puissant. Il vivra des années durant comme un animal sauvage dans la forêt.

Nébudnékazer purgea cette peine pendant 7 ans. Après quoi, il se repentit et reprit son trône.

Politiciens Béninois ! Vous traînez dans la gadoue le drap neuf du Bénin.

La destinée du Bénin est dans vos mains.

 3- Que faire pour se faire apprécier

Que puisses-tu faire pour plaire aux gens ?

Par quelle action peux-tu plaire à l’homme ?

Sacrifie ton père. Mettes à prix ta mère pour leur plaire,

Tôt ou tard, à ton déclin, tu seras vomi. Tu deviendras l’ennemi.

Pourquoi le poète réfléchit-il en ces termes ?

Que n’a pu faire Gbégnon pour plaire et aider son prochain? Pourtant, il est l’ennemi.

Je me suis endetté pour leur satisfaction financière. Sur le champ ils m’offrent leur prière Je me peine pour les vêtir et les loger. A l’instant, ils me bénissent. Plus tard que suis-je devenu? Que n’ai-je pas fait pour plaire à mes proches les humains.

Au moment de les satisfaire, j’étais adulé, honoré, chouchouté.

Quelle louange n’ai-je reçu d’eux ?

Dans leur maison j’étais magnifié

Dans leur domaine j’étais encensé.

Mais voilà! J’ai chuté; voilà! Je me suis endetté;

Voilà je ne pèse plus rien cet instant!

Je suis devenu indésirable. Je suis devenu

Un métèque, un lépreux, un galeux.

Brutalement, je n’ai plus de place parmi eux.

Je me suis retiré afin de cogiter.

Dans mes réflexions, il m’est venu de conclure

Que même si je devais sacrifier mon père et vendre ma mère,

Je ne ferais jamais le bonheur des humains.

 4- A ma chère épouse Adikpémi

Ma chère épouse, suis-je si naïf ?

Gbégnon est-il si sot qu’il acheta la tête de bœuf

Avec son argent pour te  satisfaire ? Epouse citadine !

Tu  t’es bien foutu de moi. Femme de la ville !

Épouse de Cotonou ! Tu t’es bien engraissée sur moi.

 5- Rien que pour le bonheur

Ici bas, l’humain ne pense qu’au bonheur.

Fini le temps du plaisir, ils détalent.

L’humain n’aspire qu’à la volupté.

Dans le malheur, il vous lâche.

C’est le chantre qui s’expire malgré son mauvais vocal.

Le poète que je suis s’explique; écoutez le.

Mes idées prennent source d’un conte que voici :

L’agouti dans la brousse est un voleur de renom.

Dans les champs, il vole du maïs et de l’igname

Et l’offre aux autres animaux. Le propriétaire furieux,

Tend un piège au voleur. La nuit tombée,

L’agouti fut pris au piège. Il ne puis s’en sortir

Jusqu’au petit matin. Au lever du soleil, Awassagbé (l’oiseau) survola les endroits et aperçu l’agouti. « Merci d’être venu me sauver cher ami. De ce danger, je sais que tu me sauveras » dit l’agouti.  Awassagbé l’ignora et alla informer leur ami l’agouti. Tous deux s’en moquèrent. Heureusement, l’agouti eu la vie sauve avec une patte laissée dans le piège. Quelques semaines plutard, Awassagbé fut surpris de revoir l’agouti vivant.

L’agouti compris que le bonheur  vous attire  des amis.

Il en conclut que dans l’abondance et l’affluence, ce qui compte c’est savoir se contrôler, savoir gérer ses acquis.

 6- Oui! dans le bonheur, les amis sont nombreux.

Méfiez-vous de l’humain. Prudence à leur surprise. L’humain n’est qu’un loup dans la peau de l’agneau. L’humain très proche complote contre toi. Voyez la peau lisse de l’humain et pourtant il est imprévisible et obscure. Alors que tu le portes en ami, il te surprend désagréablement.

Pourquoi le poète réfléchit-il ainsi ? Ecoutez mon histoire : La Sorcellerie et le chasseur firent un pacte.

Amis, ils se jurent de ne jamais se trahir. La confiance réciproque devrait être l’alliance entre eux. Ils se donnèrent une ligne de conduite. L’un ne devra à tout prix sauver l’autre du danger. L’un ne devrait jamais se rendre chez l’autre, ni armé, ni accompagné de chiens de garde.

 Pacte scellé,  le chasseur  retourna informa sa maisonnée. Désormais, ni soif, ni faim ne seront au rendez-vous leur affirma t-il. Par ce pacte, ils auront longévité et prospérité. Les deux premiers enfants en furent satisfaits. Le benjamin était méfiant. Méfiance  et non confiance  leur dit-il. Il se refusa d’assister aux rencontres avec le nouvel ami de leur père. Quelques jours plus tard, le chasseur reçu une balle dans le dos, et en mourut. La sorcellerie venait d’abattre son ami le chasseur.

« Voyez-vous où la confiance vient de pousser notre Père ? » dit le fils méfiant à ses frères. « Prenez garde je vous le dis En vérité, la confiance est un vilain compagnon. L’humain, ton ami pactisé, à coup sûr t’éliminera et accusera ton destin ».

 7- Ma vie n’est point la tienne

Ecoute mon frère, ma vie ne peut être la tienne.

Pourquoi veux-tu que je partage ta gaieté ?

Je n’envie point ta fortune. Je m’en tiens au mien.

Tous ont des enfants à qui ils offrent des galettes, moi je n’en ai point.

Tous ont des proches à qui se confier. Moi je n’en ai point. Vois-tu que ma vie n’est point la tienne ? Nous ne pouvons donc point partager le même plaisir. Je n’envie personne. Mon heure n’est point la tienne.

Ecoutez le chantre! Comprenez le poète qui exprime ses sentiments à travers le chant et la poésie.

Savez-vous pourquoi la chauve-souris vole  tête basse? Tous les autres oiseaux la raillent. Elle n’est ni mammifère ni oiseau.

 Destin! Ce n’est point de ta faute. A mon appel tu réponds. Les difficultés de ce monde m’ont rendu tel que je me retrouve. Je n’ai pas manqué d’avoir des progénitures. Hélas! Ils ne survivent point. J’ai des lions dans ma bergerie.

Le jour du marché, tout le monde en revient avec des galettes pour leurs enfants à la maison. Les miennes je les consomme sur le champ devant de mes voisins choqués.

Mais ils oublient que je n’ai plus d’enfants au foyer. Ils tentent de me consoler. Hélas ! Comment puis-je l’être ? Offrirais-je mes galettes sur la tombe de mes enfants décédés ? Non! Ne me demandez point de partager vos joies. Je reste à l’image de mon destin.

 8- Le  méchant ne vit point dans la brousse

Le méchant ne vit point de la brousse.

Il est ton proche; il est ton voisin. C’est lui ton trublion, c’est lui ton casse pieds. Il est un frère, une sœur, un parent,  un voisin qui s’affiche comme ton ami, comme ton bienfaiteur. Ainsi, il en profite pour te zigouiller.

Fais lui confiance; lui, il œuvre pour ta destruction.

La guerre meurtrière est à portée  de mains ; ta trahison vient de tes rangs. A l’autre, ne te confies jamais. N’épargnes jamais ton secret auprès d’un proche parent; ta chute en sera garantie.

Ton succès n’est pas applaudi et apprécié.

Ton échec est leur vœu.

Tout leur souhait, c’est te ridiculiser

Voilà ce que tu dois savoir du monde des humains.

Le méchant n’est pas éloigné de toi. Il est ton proche, ton voisin, ton confident.

A la vue du lion ou de la panthère tu fuis puisque tu le reconnais méchant. Un humain comme toi t’inspire confiance ; alors qu’il est ton pire ennemi.

Méfies-toi des humains, crains tes proches voisins. Le méchant ne vient pas de la brousse, il est un humain comme toi.

 9- Décapitez l’arbre                               

Décapitez l’arbre! Moquez-vous en

Réjouissez-vous de votre forfait

Attendez un instant! A la saison prochaine, il pleuvra. L’arbre reprendra ses forces. D’autres feuilles pousseront, plus belles, plus vertes.

Décapitez l’arbre.

Réjouissez-vous qu’il ne fournira plus d’ombrage. A la saison prochaine, lorsque les pluies s’abattront sur la terre, les racines de l’arbre seront fortes. Ses feuilles  repousseront plus belles, plus vertes. Son ombrage retournera.

Comprenez-vous ma parabole ?

L’arbre! C’est toi qui m’écoutes.

Rien n’arrêtera ton destin.

Destiné à la richesse, tu le seras.

Destiné à la pauvreté, tu n’échapperas point.

 Rappelez-vous de l’histoire de Joseph dans la Bible. Son père l’aimait si tant. Il lui offrait les plus beaux habits.

Ses frères en furent très jaloux.

Joseph fit un rêve et le révéla à ses frères

Alors qu’ils étaient tous partis en brousse, son fagot était le plus beau, le plus au centre, le plus vénéré, le plus adoré.

Ses frères furent furieux de jalousie et de haine. Ils jurèrent ne jamais voir Joseph réaliser ses rêves. Il fit un second rêve qu’il révéla à son père ; Il se vie dans un grand palais, assis sur un grand trône. Le soleil, la lune et les étoiles venaient lui payer hommage.

Son père fut gêné par l’ampleur des rêves de Joseph. Il dissuada Joseph de ne plus révéler ses rêves à ses proches. Il bénit Joseph. Un jour, le père demanda à Joseph d’aller donner de la nourriture à ses frères partis pour la garde des brebis depuis trois jours.

Ses frères l’aperçurent de loin, complotèrent, le vendit en esclavage.

Ils rapportèrent à leur père que Joseph fut tué par un fauve.

Joseph devint l’esclave du pharaon d’Egypte.

Il était si intelligent que le roi l’adopta et lui confia la gestion du palais.

La beauté de Joseph séduisit la princesse. Joseph refusa la  tentation lit et fut emprisonné.

Prisonnier, il fut un grand interprète des rêves des prisonniers.

Pharaon fit un rêve qui le perturba.

Joseph fut sollicité pour interpréter le rêve. Pharaon nomma Joseph gouverneur d’Egypte.

Une famine sévit dans la contrée. Les frères de Joseph vinrent en Egypte se ravitailler. Joseph les taquina un peu. Il pardonna et fit venir en Egypte toute sa famille vivre auprès de lui.

 10- Le Chat et la Panthère

Le chat et la panthère sont sur l’arène d’un jeu  malsain.

Le chantre vous raconte l’histoire du chat et de la panthère

Qui se sont joues un tour malsain:

Jadis, le chat et la panthère étaient de bons compagnons, de joyeux amis amis.

La panthère n’avait q’un seul petit, le chat trois.

La panthère en fut secrètement jalouse.

Elle mit au point un plan afin d’éliminer les petits du chat. Un jour, elle sollicita du chat la garde d’un de ses chatons.

Le chat se concerta avec ses petits en ces termes : « combien de fois un malheur s’abattra sur vous avant que vous soyez intelligent ? »

« Deux fois » dit l’aîné.

« Une fois » dit le cadet.

« La seule fois ne m’arrivera jamais » répondit le benjamin.

« D’accord ! Toi benjamin, tu iras vivre auprès de ta tante la panthère. » dit le chat.

Le chaton fit sa valise et se rendit au domicile de la panthère.

La nuit tombée, la panthère coucha le chaton dans un coin de sa case. Le malin chaton changea rapidement de place. A l’aube, la panthère l’engueula sévèrement: « Où serais-tu la nuit dernière alors que j’étais venue te chasser les moustiques gênantes ? « C’est bien à cause de cela que je suis allé me coucher à la cuisine » répondit le chaton. « Belle idée; cette nuit couches-toi donc à la cuisine, près du foyer » dit tante panthère. Cette nuit-là, malin chaton alla se coucher dans un autre coin de la case. Tante panthère s’avança vers le foyer, y lança un grand coup de griffes. Elle se brûla la patte. Le chaton l’entendit hurler de douleurs. Le lendemain, toute furieuse, elle ordonna au chaton de se coucher désormais à ses côtés. « Ton  papa m’a chargé de prendre bon soin de toi. Je le connais. Il m’en voudrait s’il te voyait la peau déchiquetée par les moustiques. Ce soir tu te couches à mes côtés. Je prendrai personnellement soin de toi et de mon petit »

La nuit venue, la panthère coucha le chaton auprès d’elle. Elle le couvrit d’un tissu blanc et son petit  d’un tissu noir. Lorsqu’elle s’endormit, le chaton échangea les tissus. La panthère se leva doucement et d’un coup de griffes étouffa ce qui était sous le tissu blanc. Elle s’en régala, alla déposer sa tête à la cuisine. Toute joyeuse, elle invita son petit à venir déguster de la bonne chair du chaton.

« Déposes cela sur le foyer » répondit le chaton, imitant la voix de la petite panthère ; « je m’en occuperai plus tard ».

A l’aube, la panthère partit pour le marigot.

De retour, elle vit le chaton dans la cour assis sur un tas de pierre.  Elle cacha sa surprise et calmement demanda au chaton de l’aider à se décharger de sa gourde à eau. Chaton lui dit qu’il ne pourrait le faire que de dos. Alors que la gourde descendait à moitié, le chaton abandonna la charge. La gourde tomba et se cassa. Le chaton prit la clé des champs et se rendit auprès des siens.

« Papa, détalons de  ces lieux au risque d’essuyer la colère de la panthère. J’ai gagné le  combat. Nous avons la victoire »

Afin d’honorer son petit le chaton, sa mère lui dédia la  belle mélodie que voici : 

 Mon petit bien aimé

Tu m’as fait plaisir

Mon enfant chéri

Tu m’as honoré

Qu’avons-nous mangé

Pour être si confiant ?

De quoi sommes nous régalés

Pour être si honorés ?

Nous nous sommes régalés

De la chair du petit panthère

Nous en sommes fiers

Nous nous sommes régalés

De la chair du petit panthère

Nous en sommes exaltés

 11- Trahison

Si un malheur vous arrive, sûrement la femme à domicile en est complice.

La corde qui sert à attacher le fagot des branches de palme est tirée du palmier.

Ecoutez et comprenez le chantre Gbégnon.

L’humain m’intrigue. Le ventre de l’humain est  une calebasse fermée.

Voici la teneur de mon histoire:

Un homme se coiffa de 3 boules de cheveux sur sa tête. Il invita son ami et lui en expliqua le contenu.

 « J’irai voir le roi de la contrée ; je le défierais de me donner par sa grâce intelligente l’explication de mon model » se confia  t-il à son fidèle ami. « Au cas où le roi échouerait à cet examen, il me cède son trône; dans le cas contraire qu’il me décapite ».

Le roi consentit de relever le défi dans les jours à suivre. Sa majesté invita l’ami intime de l’homme; il lui offrit tout le trésor du royaume en échange du secret de son ami. L’ami nia toute information sur le model. Le roi invita la femme de l’homme et lui fit la même proposition. La femme demanda au roi de l’argent afin de préparer un met copieux à son mari. Elle lui promit des révélations le lendemain. Le roi s’exécuta.

La nuit tombée après le copieux dîner, la femme se fit belle et désireuse. Au lit, elle repoussa toutes les avances du mari. « Comment, toi, mon seul amour, peux-tu me cacher des secrets dans ce foyer ? » se lamenta t-elle. « Ce model de coupe sur ta tête me gêne et me fait peur ; je veux savoir combien cela contient de secret » continua t-elle pleurant à chaudes larmes. Pris de compassion, le mari lui dévoila le secret 

Avant le lever du soleil, la femme courut au palais et révéla tout le secret au roi. Sa majesté invita l’homme à un rassemblement public afin de  relever le défi. Devant la foule réunie, il dévoila le mystère des trois boules de cheveux en ces termes: « La première boule à droite se nomme: tout enfant est enfant qui se reconnaît et le prouve. Celle du milieu est la femme au foyer qui est votre mort. Celle à gauche se nomme: n’ayez confiance en aucun ami ».

L’homme, tout surpris s’offrit à honorer son engagement. Son fidèle ami et son  fils  plaidèrent et se proposèrent à mourir à sa place. Son neveu lui réclama la chemise empruntée la veille. Sa femme, toute hurlante, réclama sa mort pour avoir bravé  le trône.

Le roi  écouta religieusement tout un chacun et se retira avec son conseil.

De retour, il analysa les grandes lignes des leçons à retenir  de leur rencontre. Il condamna la femme à être décapité. Puis il conclut : « La corde qui sert à attacher le fagot des branches de palme est tirée du palmier ».

 12- La coiffe s’est ôté

« J’étais encore tout gosse à la mort de mon père. Les péripéties de la vie après sa mort m’ont inspiré ce chant »

La coiffe s’est ôtée de cette belle tête. Celui que l’on ne peut oublier, la mort l’a emporté. La mort  m’a fauché mon couvert. Elle m’a ôté ma coiffe. L’inoubliable a été fauché par la mort. Quel malheur! Savez vous qui a perdu cette coiffe ? C’est celui qui a perdu son père à bas âge. Savez-vous ce que c’est que cette coiffe ôtée? C’est votre mère qui ne vit plus. Savez-vous ce que c’est que cette coiffe ôtée? C’est le grand frère qui ne vit plus.

Si ton père vivait, tes voisins auront peur de te faire du mal. Si ta mère vivait, tes marâtres auront peur te t’agresser. Si ton grand frère vivait, les copains auront peur de t’affronter. Mais voici que le sort en a décidé autrement.

La mort t’a fauché ton frère et te voici seul parmi les tiens. Voici que le sort en a décidé autrement. La mort a emporté ton père et te voici seul parmi  tes parents. Cesses de pleurer maintenant. Cesses de te plaindre. Reprends ton courage à deux mains.

Que la sagesse te guide ; car voici que tous tes conseillers ne sont plus.

Cher papa, la mort m’a dribblé et t’a emporté. A jamais, on ne se reverra. Oh! Quelle pitié ! Voilà que tu t’en vas ! Quel malheur !

Royaume de la mort! Quelle pitié ! La mort n’est pas un marché où l’on va et revient. Quelle pitié!

Est-ce ainsi que va la vie? Suis-je aussi entrain de finir ainsi? Mort! Pitié pour mon père! Père ! Es-tu ainsi parti pour ne plus revenir?

 13- Ne me trompes pas

Belle fille, j’ai mon regard sur toi.

Ne me trompe pas.

Je veux te chanter la plus belle mélodie.

Le timbre me manque, belle créature;

L’amour est multiforme.

Mon amour pour toi est sérieux.

Ma passion pour toi est sincérité.

L’amour a des variétés.

L’un se nomme: «  donnes moi de ta boisson ! ».

L’autre dit: « couvres moi de ton plus beau pagne, amour ! ».

Connais-tu la forme d’amour que j’ai pour toi, belle blonde, svelte créature ?

S’il te manquait le sommeil, dis le moi; je t’en offrirai.

Tapes à ma porte quand tu voudras.

Prêt! je m’engage à régler tous tes problèmes familiaux.

Si tu voulais un pagne, le plus beau, je t’en offrirai en rouleaux.

Si tu voulais de la boisson, la plus fine qualité, j’en achèterai en cartons.

Nous serons comme cimentés.

Nous serons un, indivisibles.

Le beurre de karité n’abandonne point sa bouteille.

Voilà ce que nous serons.

M’abandonneras-tu à cause des calomnies ?

Belle, svelte créature, ne m’abandonnes pas, ne me trompes pas.

Tout mon cœur compte sur toi, ne me trompes pas.

 14- Adjagbélé la poule

Adjagbélé la poule est tombée dans le puits.

Je n’ai point de plumage. La mort m’a déplumé.

Je m’en remets au sort.

Savez-vous ce qu’est cette couverture qui me manque ?

Je n’ai plus de père. La mort m’a fauché mon père. Je m’en remets au sort.

Savez-vous ce qu’est cette couverture déchirée que je porte ? Je n’ai plus de mère. La mort m’a fauché ma mère. Je m’en tiens au sort. Quand le pagne déchiré quitte le corps, la peau devient nue. Si la couverture déchirée quitte votre vie ; n’allez pas prétendre que votre habit est chez le teinturier.

Ma bouteille a perdu son bouchon. Les mouches y sont tombées. Savez-vous ce que c’est que ce bouchon ? Ma maman est ce bouchon perdu de la bouteille qu’est ma vie.

Les mouches y sont tombées. Me voici errant. Mon grand frère est la molaire de ma gencive. La molaire n’est plus. Je peine à casser les os.

Mon père est une molaire  qu’est venue m’arracher la mort. Je ne pourrai plus reconnaître le goût de l’os.

Même ses enfants auront du mal à savourer la viande et l’os.

La poule Adjagbélé est tombée dans le puits et se plaint: « Je n’ai aucun soutien. La mort m’a fauché ma couverture. Mon corps est nu. La puissante mort m’a déchiré mon vêtement et je n’y peut rien ».

 14- SI TON DESTIN ÉTAIT RICHE

Si ton destin était riche, choisirais-tu de souffrir ? Qui choisit le fardeau de la misère. Personne ne s’appauvrit volontairement. Ecoutez-moi, oh! mon peuple. Que le riche ne se moque point du pauvre. Un oiseau nommé destin choisit d’être perroquet. Le lézard convoqua le caméléon à la cour de Dieu. Il voulu savoir pourquoi le caméléon  change de couleur et lui non. Le Tout Puissant répondit qu’il en a décidé ainsi, sans appel, sans recours. Le lézard secoua la tête et se dit : « le destin a choisi que je sois aplatit sur les murs des maisons. Comment pourrais-je me vouloir un triste destin se demanda-t-il ? Le destin en est pour quelque chose dans ma présente condition.

Comment pourrais-je vouloir être pauvre si mon destin en a décidé autrement.

Je me contente donc du peu à ma disposition »

D’autres ont tout le confort et sont sans épouses. Je me contente du peu à ma disposition.

D’autres ont des épouses mais peinent pour avoir des enfants. Je me contente donc du peu à ma disposition.

D’autres ont eu les enfants qui ne vivent plus. Je me contente du peu de mon destin.

Si tu te vois refuser une faveur, ne t’apitoie point. Tu n’as d’autre ami que ton Créateur.

Que tes détracteurs ne t’inquiètent point.

La maladie et la mort sont tes seuls ennemis.

Tant que tu as la santé, l’ennemi ne pourra rien contre toi. Sur le chemin des champs, l’ennemi ne t’empêchera point. Seul ton destin devra t’inquiéter.

 15- Quiconque provoque la mort?

Quiconque provoque en est aussi un candidat. Le mien a été fauché par la mort. Que le vôtre reste en vie et fructifie pour votre jouissance. Pourrions nous jamais éplucher toutes les péripéties de la vie ?

La mort qui a fauché mon père est méchante. Calmez-vous, ne vous en réjouissez point. Il a tout au moins une progéniture sur terre. Alors arrêtez de vous réjouir.

Oui ! le mien m’a été fauché. Ma cause est connue. Que le vôtre se fructifie et que vous en jouissez.

 16- Que faire hors du destin ?

Quelque soit l’ambition, seul le destin décide. Quelque  soit le souhait seul le sort prime.

Moi et toi n’avons point la même mission. Seul le destin décide autrement. Regarde l’arbre là-bas. L’oiseau s’y dépose si son feuillage lui plaît. Seule toi Marie  me fait rêver. Marie,  tu es mon choix, ma seule priorité. Hélas ! Les humains s’y sont mêlés. Ils ont jeté des peaux de banane entre nous. Ton père a reçu de faux rapports sur moi. Fâché, Il l’a  transféré dans une autre ville. Pourtant Marie tu n’as cessé de m’écrire. A ma grande surprise, Marie est revenue avec une grossesse. Ma déception a été grande. Elle me dit que j’ai chanté contre elle en public; que je me suis moqué d’elle  au cours de mes spectacles. Comment pourrais-tu me faire cela Marie ? Comment pourrais-tu penser cela de moi ? Veux-tu me dire que tout est fini entre nous ? »

J’aurais bien aimé une Marie toute neuve. Mais comme le destin en a décidé autrement, je la reprends même vieillie. Marie est mon choix quelque en  soit les adversités. Mes pensées sont saines pour toi Marie. Je t’accepte telle que tu es.

 17- La vie du miséreux

Telle est la vie  du miséreux. Voilà pourquoi il  est sans appui. Telle est la destinée de celui qui hier nanti, se retrouve aujour,huidépourvu. Le bonheur vous attire des courtisans, le dénuement les pires ennemis. L’argent est capital pour l’existence.

Agossou a perdu son père et sa mère. Agossou a perdu tout soutien. Un jour, il alla solliciter de l’aide auprès sa famille paternelle. Il fut accusé de vol et récriminé des méfaits de son père. Il se rendit dans au domicile maternel ; on lui conta l’historique impudique de sa maman. Rejeté de part et d’autre, le malheureux Agossou rebroussa chemin. Mais le destin avait un plan pour Agossou. Il devint le plus riche, le plus influent dans la société.

Tous ses détracteurs se rétractèrent. Du côté paternel, ils déchantèrent. Du côté maternel, il devint une idole. L’incontournable Agossou, dans la communauté conseill : « Ecoutez-moi! C’est dans le bonheur que les éloges pleuvent ». Moi Gbégnon, le chantre, je suis ici-bas pauvre. Peut-être que dans l’au-delà, je me retrouverai riche. Car je n’ai ni père, ni soutien ici et maintenant.

 18- Ne banalisez pas le Gari

Ne banalisez pas le Gari. Le  Gari est le Dieu du moment. A l’approche de la disette en saison sèche, le roi convoqua tous les produits nutritifs. Il voulu nommer lequel deviendrait l’Eminence Royal. Le Maïs et l’Igname posèrent leur candidature fortement médiatisée. La chaise présidentielle devrait leur revenir de droit se clamaient-ils. Le Haricot se positionna au poste de responsable à la cour suprême. Alors vint la sécheresse. Le Maïs, l’Igname et le Haricot se fanèrent et se desséchèrent. Le roi les convoqua pour un deuxième tour de consultation. Le Maïs gémit et dit : « n’était-ce pour cette vilaine  sécheresse, moi, en saison des pluies, je suis utile pour les casse-croûte à la noix de palmiste et de coco. Je suis à l’aise dans les mâchoires en tant que galettes. Considérez-moi comme patte et je passe pour la compagnie des sauces. Je suis la bouillie  négociée au petit déjeuner ». Le Manioc railla : « Qu’il pleuve ou qu’il sèche, je suis utile. Mes feuilles passent pour de bons légumes aux sauces délicieuses. Mes  racines sont d’intéressants tubercules : bouillies, ils font une belle dégustation trempés dans de d’huile fraîche. Pillées, mes tubercules font un combat de ring avec la sauce de goussi. Moi, Manioc, je suis musulman et vodunsi. Mon nom musulman est Karim. Vodunsi je me prénomme Houédanou. A huit heures du matin, avec un peu de sucre et un morceau de Kokada, le petit déjeuner est au point. J’ai aussi des noms chrétiens. Je m’appelle Simon : à midi, devant la grande marmite fumante de la viande de porc, je me prénomme Barthélemy. Vers 17 heures, à l’heure où les enfants réclament leur casse-croûte, et les aînés leurs goûter, je les conduit chez la vendeuse de galettes de haricot ; ici je suis Ignace. Le soir, à l’heure du repas de 21 heures, je deviens Laurent, l’accompagnateur nocturne au coucher. Ecoutez chers amis, je suis Gari, l’ incontestable Dieu.

 19- Connais-toi toi-même

Tous ceux qui te saluent sont-ils des relations saines ? En leur compagnie, connais-toi toi-même. Voici comment tu te comportes : Gardes-toi de leur révéler tes pensées lorsque vous dînez ensemble.

Pourquoi cette pensée du chantre ? Peux-tu t’imaginer à quel degré les humains sont antagonistes et malveillants? Le monde animal est le même, crois moi.

20- Il n’y a point de petit dans les relations familiales

« AKOTONON KPEVI »

Point de relations familiales enfantines. Voici une analogie de l’histoire. Le roi de la forêt invita la panthère et l’antilope à vivre ensemble puisqu’elles ont toutes deux la peau tachetée. La panthère complota de dévorer l’antilope et ses petits. L’antilope s’enfuit dans la forêt profonde. Mais un jour, la panthère fut tuée par un chasseur laissant derrière son petit. Prise de pitié, l’antilope prit la garde de la petite panthère. Un jour l’antilope en sortant demanda au petit panthère de s’occuper de son neveu. De retour l’antilope ne retrouva pas son petit. La petite panthère suggéra qu’il serait peut-être serait perdu de chemin  en se promenade.Surprise ! L’antilope vit son petit mort derrière la case. Elle pleura à chaudes larmes, se plaigna d’avoir été trahit par la confiance placée en la panthère. Telle mère telle fille; tel père tel fils, se dit-elle. Mon frère, il n’y a point de petit dans les relations familiales

MUSIQUE BENINOISE

Cette partie de notre étude a été soumise à M. le Gouverneur Eboué, spécialiste des questions de musique indigène africaine, qui a rédigé, à ce sujet. la note suivante:

Il semble que la musique Fon ait ceci de commun avec celle que nous avons étudiée jusqu'ici en Oubangui et en Côte d'Ivoire comme au Soudan, à savoir, qu'en dehors de la flûte, tous les instru­ments servent à l'accompagnement, la voix se chargeant de donner la mélodie.

Nous relevons que le Fon, comme les autres Africains, a le sens de la musique et que là aussi noter un air est chose extrêmement difficile et laborieuse.

L'étude de M. Quénum est extrêmement intéressante en ce sens qu'elle indique par des signes conventionnels: #a #b ьa ьb les sons que le Fon fait entrer dans sa musique et qui sont inconnus dans la musique écrite, ce que nous avions dénommé des.  « sous tons , ».

Là aussi le mineur domine. Quelque chose de triste, de poignant étreint celui qui entend le chant des morts. Saisissant est le lento que nous offre M. Quénum et qui commence par Mê a dô mi na. Nous demeurons persuadés que ces mots sont davantage parlés que chantés et avec force contrastant' ainsi avec le Jé sou Sava qui doit tomber comme une lamentation.

Ce morceau, à lui seul, suffirait pour montrer la richesse dans la variété des sentiments et combien nuancée est cette musique des races noires, car les mêmes observations ont été faites en Oubangui. La seule différence à établir entre le Fon et les autres peuples des oubanguiennes déjà étudiées consiste dans l'étendue de la voix. Elle est beaucoup plus haute chez le Dahoméen, puisque nous trou­vons une contre-si dans le chant. «  Wa dô alo ka mê , »

Il apparaît également qu'il est impossible de séparer la musique de la langue. Fon .. Nous re­trouvons dans la langue la même richesse de variétés, les mêmes nuances que dans la musique. C'est sans doute ce que M. Quénum veut exprimer quand, à juste titre, il s'extasie: . Mais quel charme ! Quel réalisme lorsqu'on peut suivre une conversation Fon ! Que d'images l'émaillent et que de gestes passionnés .Du reste ce que nous dit l'auteur, ces équivoques possibles dues à un défaut d'accentuation prouve déjà que le Fon est une langue musicale. Peut-être M. Quénum confond-t il l'accent tonique avec le ton ? Le défaut d’accentuation équivaudrait à une faute de prononciation, mais n'empêcherait pas de comprendre le mot. Tandis qu'en Fon la compréhension serait impossible s'il y avait erreur de. «  ton « . Au surplus, il ne saurait être question d'accent dans les exemples choisis, puisqu'il s'agit uniquement de monosyllabes, mais bien, encore une fois, de. ton " élément essentiellement musical. Comme con­clusion à cette remarque, citons Delafosse (les langues du monde). Des tons musi­caux à valeur soit étymologique, soit grammaticale, existent dans quelques langues du groupe (Fon, Ehové, etc.)... ,--Le premier est un; monocorde fait avec une fi remarques:  Le Sohoun , et l' «  Akofin « , (tambours) dont les notes, dit-on.imitaient la parole humaine et servaient à moduler les chansons de gestes" ; «  . de plus, le Dahoméen, comme nous l'avons dit, est une langue à inflexion (l'auteur veut vraisemblablement dire à tons) ; le même mot acquiert des significations dif­férentes, selon qu'il est sur une note aiguë ou grave. Le chant dahoméen, pour être compréhensible, doit reproduire les inflexions du langage parlé...

En résumé, tant au point de vue musical qu'au point de vue linguistique, - et nous ne séparons pas les deux faits, le travail de M. Quénum présente un intérêt évident et mérite d'être publié.

Dans les récits des explorateurs, le goût musical des peuples attardés oc­cupe une place considérable. S'il faut en croire quelques-uns, tels aventuriers tombés en plein milieu de cannibales n'auraient dû leur salut qu'à la musique :« La musique adoucit les mœurs ", l'adage est toujours vrai. Les peuples de l'An­tiquité, du reste, ne lui attribuaient-ils pas une force enchanteresse ? Au dire de la Mythologie, au son de la lyre d' Amphion, les pierres seraient venues d'elles-mêmes se placer pour bâtir la somptueuse ville de Thèbes; Orphée, aux mélo-­

­­dieux accords de sa lyre légendaire, aurait charmé les bêtes fauves qui seraient  accourues à ses pieds adoucies comme des agneaux; les arbres, comme pour saluer le merveilleux génie des sons, auraient en cadence branlé leurs feuilles ; les dieux d'enfer eux-mêmes, enivrés par l'irrésistible charme de la musique, auraient accordé au fils d'Apollon de retirer Euripice, sa chère moitié... Au té­moignage d'Apuleus, la nature elle-même ne se développe qu'avec rythme : Movetur musica mundus.

C'est que la musique est un art des dieux! Création artistique, elle reflète l'âme du peuple qui ~n est l'auteur et garde comme un goût de terroir. Après un aperçu sur l'art plastique dahoméen, muet et stérile pour le profane, il est donc bien naturel que nous disions, pour finir, quelques mots sur la musique de ce peuple.

L'artiste assez large d'esprit pour apprécier les productions indigènes in­dépendamment des habitudes esthétiques de son pays, découvre dans notre mu­sique un art simple et vrai, une définition naturelle du beau, un chemin sûr qui conduit aux plus profondes, aux plus intimes aspirations de l'âme noire.

La musique fon est vocale; à part la flûte, aucun instrument du pays n'est apte à exécuter une mélodie. Les divers instruments qui forment l'orchestre d'un ménestrel ne jouent qu'un simple rôle de métronome régulateur du rythme et de la cadence, du chant ou de la danse.

Un orchestre complet se compose d'au moins trois tambours (houn) de taille variée: le Houn-dahô (grand tambour), le Kpézin (tambour moyen) et le Houn­kléoun (petit tambour) ; d'un Gan (gong à une ou deux notes souvent remplacé par une simple bouteille ou un récipient à résonance) ; d'une paire d'Assan (castagnettes). Les concerts funèbres (Acha) sont organisés avec les instruments suivants: le Din, le Ka-houn, le Zin-li. Le premier est un; monocorde fait avec une fibre de bambou détachée par le milieu et tendue par de chevalets en frag­ment de calebasse. Le Ka-houn n'est qu'une calebasse renversée sur une sur­face d'eau de manière à y comprimer de l'air. Le Zin-li est une jarre de grès sur laquelle on tambourine avec un éventail de cuir .

Deux orchestres demeurés aujourd'hui l'apanage des familles princières et des collectivités anoblies faisaient partie intégrante de la livrée des rois et des ministres: le Han-yé et le Houn-gan. Le premier comprend un gong et une dou­zaine ver­tèbres de serpent. (Ces ossements font résonner la coloquinte vidée au mouve­ment du joueur qui la frappe en mesure sur une raquette de bois). Le dernier se compose d'immenses tambours et de trompettes en ivoire.

Nous avons encore le Kpété (flûte) et le Toba (lyre) qui ne se rattachent à aucun groupe d'instruments et qui servent à moduler les chants d'ordre intime. Le Toba n'a rien d'une véritable lyre; ce n'est qu'un assemblage de bambous conçu de la même manière que le nin. Les huit cordes qui le composent donnent des notes gémelles et, comme le bruit du tambour, servent à soutenir le rythme.      Le rythme est donc le seul élément de l'orchestration dahoméenne. Le Da­homéen tient du reste des Africains: qu'il travaille ou qu'il marche... il lui faut de la musique, il faut qu'un rythme l'emporte et que les mouvements nécessités par son genre de travail s'exécutent aux temps forts de l'incessante répétition des chants. Les prestataires qui travaillent sur les chemins publics, les femmes qui se rendent à un marché lointain, souvent même, l'ami qui veut dire à son ami les sentiments qu'il éprouve à son égard... tous veulent un rythme, et, s'il n 'y a pas un instrument pour le produire, le battement des mains sur la poitrine (Hô-akon) ou le claquement des mains (Hô-kpê) - comme cela arrive fréquem­ment lors des improvisations de caractère intime et passager - en tiennent lieu (on s'abstient tout juste de fredonner en mangeant parce que les croyances superstitieuses en empêchent).

Les rythmes de la musique dahoméenne sont très variés; mais aucun n'est nécessairement lié à une batterie en particulier; il y en a seulement qui s'accordent plus parfaitement qu'un autre à telle ou telle mélodie. Trouver le rythme d'une mélodie est d'ailleurs, pour le Fon, chose si naturelle qu'il le découvre et l'adapte presque inconsciemment.

Il y a surtout les rythmes élémentaires, binaires et trinaires sous différentes formes, et les rythmes combinés à cinq, sept temps. Le rythme binaire se pré­sente le plus souvent comme il suit :

Nous reverrons plus loin ces rythmes avec les diverses modifications que le goût de l'ornement leur fait subir dans les chants que nous citons ci-après. Dans les mélodies dahoméennes, trois caractères principaux frappent les personnes familiarisées avec la musique européenne: 1° la grande souplesse de la gamme, son instabilité qui donne à l'oreille l'impression de quart de ton ; 2° la fréquence des changements de ton, si l'on peut parler de « changement de ton » dans une musique aussi peu codifiée; 3° la bizarrerie des cadences termi­nales.

Ces caractères s'expliquent très facilement si l'on examine d'autres aspects moins évidents de la musique de ce peuple. Le premier est que les mélodies sont exclusivement vocales (la voix du Dahoméen est d'ailleurs assez agréable, ex­pressive et d'une extrême justesse) ; or, la voix humaine est, de tous les instru­ments, celui qui possède le merveilleux privilège de pouvoir émettre entre ses deux sons extrêmes la série complète des sons intermédiaires. De plus, le Daho­méen, comme nous l'avons dit, est une langue à inflexion; le même mot acquiert des significations différentes selon qu'il est sur une note aiguë ou grave. Le chant dahoméen, pour être compréhensible, doit reproduire les inflexions du langage parlé: voilà une explication aux quarts de ton. Il y en a une autre: l'absence de toute écriture musicale. L'absence de toute codification ne peut qu'accroître ]a complexité de la langue musicale. Il va sans dire que cette complexité devient elle-même un véritable obstacle à l'établissement d'un système d'écriture. Remarquons aussi que toutes ces subdivisions de ton se produisent lorsque la mélodie quitte brusquement et pour quelques notes seulement - la tes­siture où elle évoluait. Le chanteur, en ce cas, reste à peu près toujours en deçà de l'intervalle complet (il est assez rare que la voix dépasse l'intervalle). Les fractions de voix, en pareil cas, proviennent plutôt des ports de voix.

Nous avons parlé de changement de ton. Pour le Fon, l'échelle des sons n'a pas d'échelons, c'est une corde lisse. Les tons et demi-tons qu'on relève dans ses chants ne s'expliquent que par une intuition vague et simple dont rien ne l'em­pêche de se débarrasser pour se livrer à de plus grandes fantaisies. Un autre fait est l'absence de toute harmonie, absence qui fait la plus grande place à la mé­lodie.

Il y a plusieurs genres musicaux, mais il n'y a pas de polyphonie. Tous les  chants s'exécutent à l'unisson et alternent avec deux chœurs ou avec un chœur et un aède. La partie de l'aède est un véritable couplet où sont renfermés tous les enseignements du chant; elle se développe au rythme de quelques instruments ou au va-et-vient d'une simple queue de cheval que le ménestrel fait balancer. La partie exécutée par le chœur est ou simplement rythmique ­et alors, ce n'est qu'une musiquette sans parole - ou, le plus souvent, faite de

 

FÊTE DE LA CHICOTTE

Zibrila Yacoubou

Le KAM’HOO OU FLAGELLATION: coutumes et traditions LOKPA.

La flagellation fait partie des coutumes et traditions des Lokpa , une des plus grandes communautés du département de la Donga dans le Nord du Bénin en Afrique de l’ouest.

Les Lokpa sont d’origine Kabiê ou Kabrê de la région de Lamakara au Nord du Togo . La fête de la chicotte ou KAM’HOO existait depuis la nuit des temps . Elle se pratiquait essentiellement dans tout le périmètre couvrant la Donga et ses alentours . La tradition voulait que tout jeune homme en âge de puberté passe le teste fatidique de la flagellation comme passage obligé au rangs des adultes. C’est une pratique qui consiste à sélectionner les bras valides pour l’armée ou la sécurité. C’est une épreuve d’endurance et de courage hors norme; l’échec ici est signe de faiblesse, donc d’incapacité à prendre une jeune fille en mariage.

Dès la période sèche, après la récolte des céréales ( mil, sorgho, vanzou, riz etc..), à la mi-Octobre, les sages programment et organisent des réjouissances populaires dont la fête de la chicotte. La chicotte, faite de racines de la plante KANKANDE est tendre incassable. Ailleurs, en lieu et place de la chicotte, on utilise les lacets de peau de vache ou des tiges de mil . La chicotte à proprement parlant est soumise à une durée indéterminée de préparations mystiques et techniques. Les jeunes candidats eux sont internés, entraînés et oints des valeurs surnaturelles selon les capacités de chaque clan et de chaque famille.

Le jour " J ", chaque candidat, son fagot de chicottes en main, dans l’arène de danse devra se démontrer au mieux de ses compétences, dans l’exercice de la flagellation. Au rythme du tambour sacré, KAM’HOO, devant une foule en liesse et en délire, vainqueurs et vaincus savourent la joie d’être et de vivre en amitié, en fraternité et en communauté .

Vous assistez une fois à la fête de la chicotte, vous demandez à y revenir. Revenir dans la belle Donga pour la fête de la chicotte; revenir savourer les valeurs du sacré, du cultuel et du traditionnel, les valeurs d’un sport aux loisirs sans dimension .

  La Gani

"Extrait de : La Gani : réveil Annuel et meilleurs souvenirs du Royaume Baatonu (Bariba) de Nikki. Léon Bani Bio Bigou , prof à la Flash , Université Nationale du Bénin. Cotonou Avril 1992"

La Gani est une fête , la deuxième fête de l’année en milieu Baatonu après celle du " DONKONROU " (ou fête de jet de feu).Dans le temps La Gani serait un jour commémoratif de l’amistie des musulmans avec les païens , en général et les Baatonu en particulier , en guerre les uns contre les autres.La Gani serait le jour de la mort du prophète Mahomet , coïncidant avec le jour de sa naissance

La Gani serait une danse pour marquer le nouvel an , une fête antérieure à l’ère Wassangari.Originellement , la Gani se fêtait partout dans le BARUWU ou BORGOU (pays Baatonu).Nikki n’est devenu le centre de convergence de la fête qu’à partir du souverain SOUNON SERO ,le premier grand roi de la classe politique Wassangari ; les nouvelles formes de la Gani datent de cette époque.Dans l’espace Les préparatifs de la Gani sont méticuleux et rigoureux . Aucune fausse note tant du point de vue accueil , performances rituelles et festivités n’est tolérée .

*La Gani c’est la joie , la victoire ( nassara).*La Gani est une cérémonie tribale de caractère animiste célébrée par la suite sous le prétexte de la fête musulmane .*La Gani c’est la danse ayant pris des formes avec l’ère Wassangari qui introduit des changements socio-économiques.*La Gani, c’est le moment d’extase où le peuple BAATONU se sent en vie "où il communie et se communique les souvenirs que des moments de tristesse allaient rendre désuets le peuple BAATONU.

  Zangbéto

Zangbéto ou police de la nuit. "Selon la légende le culte Zangbéro serait originaire de Tado .Le roi Tè -Agbanlin fondateur du royaume de Porto-Novo a emporté ce culte de ses ancêtres à qui il a confié la protection du royaume .Zangbéto est une sorte de police nocturne qui aide le roi de nuit à gérer les affaires .Il se présente sous la forme d’une énorme motte de paille parlant d’une voix nasillarde.

Aujourd’hui , Zangbéto sort souvent le jour au cours des manifestations cultuelles pour amuser la population tout en gardant son caractère secret .Il est très répandu dans le sud Bénin.

Extrait du livre " le guide du tourisme et des affairesEditions FlamboyantAuteur : Colette TCHAOU HODONOU 01 BP 31 Cotonou / Tél : 31 20 81 / 31 24 27Fax : 31 32 99 Email : ccib@bow.intnet.bj

  Egun-gun:

"Squelette ou l’esprit des ancêtres revenus de l’au-delà".

Egun, à l’instar du guèlèdè et du Zangbéto, est une société secrète réservée uniquement aux hommes et aux initiés.

Culte des morts par excellence, Egun est originaire du pays nago au Nigeria. Les Eguns sont les ancêtres décédés qui reviennent momentanément en vie afin d’aider les vivants à régler les grands conflits familiaux, inter communautaires, et inter régionaux. Leurs décisions sont irrévocables et s’imposent à toute la communauté. Très richement habillé (comme pour signifier aux vivants que l’au-delà n’est pas si mal que ça).Egun , malgré l’évolution des temps garde toujours son caractère très secret et sacré.Il est très développé dans les villes béninoises de peuplement nago et à Ouidah.

ORO

Alexandre Agbadébo (Adeloubiodjo).

Prof. d’anglais, prince et porteur du masque gèlèdè, originaire de Sakété.

Un culte du panthéon; un culte prestigieux; un culte de communication et de respect de la gent féminine. 

Origines: Le culte Oro est un culte d’origine Yoruba de la zone historique d’Ilé –Ifè

Description: Contrairement aux autres divinités qui peuvent faire leur apparition en publique et au grand jour dans une arène de danse , Oro est une divinité à la quelle seuls les initiés ont accès. Les non initiés et les femmes n’entendent que ses vrombissements et mugissements.

Elle s’identifie par le male ( shokoto ) et de la femelle ( pétushi ).

Communication ou " fronde parlante ".A l’instar du gong, du tambour ,du tam-tam parlant (gangan) ou de la corne de messagerie , la divinité Oro a un moyen très efficace et très secrète de messagerie utilisé entre initiés. Selon Gaston Zossou dans son roman "  La guerre des choses dans l’ombre ", éditions Maisonneuve et Larose ( Paris -France ): "… tous les initiés du grand culte Oro connaissent l’efficacité de communication de ce culte sacré … Les mugissements d’une fronde parlante peuvent s’entendre dans un rayon de vingt kilomètres dans le silence de la nuit, quand les vents sont favorables. Seuls les initiés peuvent décrypter aisément le plus subtil des messages envoyés ".

Respect à la gent féminine et à son foyer : Au delà de sa nature secrète, la divinité Oro est à la fois respectueuse de la femme et de sa société Au cours des cérémonies rituelles de sept (7) jours , l’homme se doit l’obligation de prendre le relais des corvées familiales. Il devient le serviteur de la femme et de ses enfants internés au domicile familiale. Cette servitude symbolique est le gage du respect de l’homme pour la cellule familiale à travers la divinité et son culte.

Adeptes:

-Ajana Oro ou Baba Oro, grand prêtre du culte Oro.

-Aborè Oro :: ambassadeur, porte - parole entre les adeptes et les non initiés.

-Ibéji Oro : chargé de communication ; il pour mission d’aller chercher la divinité dans son domaine et d’annoncer son apparition sur la place publique à l’aide du gros tambour (Aga Oro).

-Iyalode : la représentante de la gent féminine près le couvent Oro. Généralement une femme d’un âge avancé ; elle liaise avec Aborè Oro et lui communique les accords conclus au sein de la représentation féminine pour le démarrage et la tenue pratique des cérémonies . Tout désaccord avec les femmes crée des reports des rituels et festivités

Siège de la Divinité. : Igbo Oro ou forêt sacrée est le siège spirituel de la divinité Oro.

Initiés : tout jeune homme en âge de raison, capable de garder des secrets et prouver son endurance devant les dures épreuves. Il devra aussi avoir le sens du partage des connaissances et de la restitution entre initiés.

Périodes propices pour les cérémonies : la Grande et petite saison des pluies; périodes propices à la récolte de l’igname, à la culture du haricot ; période d’abondance du maïs et de l’huile rouge.

Ingrédients d’adoration : haricot ; igname ; huile rouge ; alcool local ; coq ; porc ; chèvre; cabri ; bouc selon l’autorisation du Fâ après consultation. La divinité Oro pourrait être violente si du sang est versé sans consultation et autorisation des esprits sacrés.

Interdits : Epier les rituels sans être initié. Sortie des femmes et des non initiés durant la sortie du couvent ; non respect au pacte du couvent ; profanation du couvent; non respect de la hiérarchie.

  Zinli

Le zinli. " Autrefois , en lieu et place du téléphone et de la radio , ces tam-tams informaient le peuple des grands évènements du royaume.

Le spécialiste du Zinli sait comment inviter la population à une réjouissance populaire ou à un deuil national .Le Zinli est surtout utilisé dans la région d’Abomey . "

Sato

Le Sato., Grand tambour funèbre par excellence , il est joué lors des cérémonies d’ inhumation des grands dignitaires.Taillé dans le bois du fromager et recouvert de peaux d’animaux sauvages ,le Sato peut être male ou femelle.Le male se reconnaît par sa grande taille et le pénis et la femelle plus petite porte dans son corps la matrice et les seins.On joue le Sato avec les deux mains si on a perdu ses deux parents (père et mère) , avec la main gauche si on est seulement orphelin de père et avec la main droite si on est orphelin de mère. .Les instruments d’accompagnement Sifflets, gongs ,castagnettes utilisés pour agrémenter la mélod

              Gbégnon: le chantre de la musique traditionnelle du Bénin

L’auteur chante les peines, les douleurs et les  vicissitudes de la vie. Il nous emporte dans le fantasme de ses vécus. Avec une franchise émouvante il nous fait partager l’étincelle qui devra jaillir dans nos consciences après une lecture religieuse de ses proses. GBégnon, c’est le rime et le rythme. C’est un chantre qui ne doit point être ignoré.

1- DRAP NEUF DU BÉNIN

Le drap neuf Bénin

Est à la traîne. Il est dans le pétrin

Vous politiciens ! Portez-en le fardeau.

Le drap neuf du Bénin

Est à la traîne, vous politiciens !

Vous en portez la responsabilité

Le drap neuf du Bénin

Vous le traînez dans la gadoue

Politiciens Béninois ! ce pays est dans vos mains

Vous rappelez-vous des résolutions

De la Conférence Nationale ? Ayez honte !

N’étouffez pas la flamme de la Démocratie.

Les résolutions et promesses à la Conférence Nationale!

 Vous en rappelez-vous ?

Politiciens Béninois ! Ayez du remords

Le poète chante, sonne le glas; qu’il soit compris.

Ecoutez ce message avant mon départ.

Si le pillard est éhonté, sa famille ne l’est point

Que le gangster se rappelle de sa racine

Aucun Béninois n’est malotru

Nous sommes distingués et éveillés

Alors que la nation était hypnotisée, nous avions

Usé de notre génie créateur pour l’en sortir.

Alors que la nation était clochardisée

Clairvoyants nous l’avons relevé.

 2- C’est un choix divin pour une termite de se voir la reine des termites.

C’est un choix divin que d’être un élu du peuple.

A la Conférence Nationale, mêmes les hôtes des cieux y étaient.

A la conférence Nationale, tous les anges y avaient participé.

La Conférence Nationale fut un rendez-vous de vérité et de réconciliation.

A la fin de la Conférence, les lois fondamentales furent élaborées, une constitution adoptée. Nul ne sera plus de trop ; nul ne verra plus un métèque ; nul ne sera plus la proie.

Rappelez-vous du grand roi Nébudnékazer dans la Sainte Bible. Aveuglé par la gloire et de la puissance divine, Nébudnékazer devint odieux à la face de ses sujets. Il fut châtié par le Père tout puissant. Il vivra des années durant comme un animal sauvage dans la forêt.

Nébudnékazer purgea cette peine pendant 7 ans. Après quoi, il se repentit et reprit son trône.

Politiciens Béninois ! Vous traînez dans la gadoue le drap neuf du Bénin.

La destinée du Bénin est dans vos mains.

 3- Que faire pour se faire apprécier

Que puisses-tu faire pour plaire aux gens ?

Par quelle action peux-tu plaire à l’homme ?

Sacrifie ton père. Mettes à prix ta mère pour leur plaire,

Tôt ou tard, à ton déclin, tu seras vomi. Tu deviendras l’ennemi.

Pourquoi le poète réfléchit-il en ces termes ?

Que n’a pu faire Gbégnon pour plaire et aider son prochain? Pourtant, il est l’ennemi.

Je me suis endetté pour leur satisfaction financière. Sur le champ ils m’offrent leur prière Je me peine pour les vêtir et les loger. A l’instant, ils me bénissent. Plus tard que suis-je devenu? Que n’ai-je pas fait pour plaire à mes proches les humains.

Au moment de les satisfaire, j’étais adulé, honoré, chouchouté.

Quelle louange n’ai-je reçu d’eux ?

Dans leur maison j’étais magnifié

Dans leur domaine j’étais encensé.

Mais voilà! J’ai chuté; voilà! Je me suis endetté;

Voilà je ne pèse plus rien cet instant!

Je suis devenu indésirable. Je suis devenu

Un métèque, un lépreux, un galeux.

Brutalement, je n’ai plus de place parmi eux.

Je me suis retiré afin de cogiter.

Dans mes réflexions, il m’est venu de conclure

Que même si je devais sacrifier mon père et vendre ma mère,

Je ne ferais jamais le bonheur des humains.

 4- A ma chère épouse Adikpémi

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